La tactique gagnante de Françoise Mbango

 

Absente des derniers championnats d’Afrique, la camerounaise Françoise Mbango Etoné est désormais sur le point de défendre les couleurs de la France. A presque 35ans, ce choix de la triple sauteuse augure une fin de carrière paisible.

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Du 28 juillet au 1er Août dernier, l’Afrique a vibré au rythme de ses 17e championnats d’athlétisme en Nairobi au Kenya. Cette édition a été marquée par l’absence de quelques stars des pistes continentales à l’instar de la camerounaise Françoise Mbango, double médaillée olympique du Triple saut. Contrairement à  l’empereur de la course de fond, l’éthiopien Kenenisa Bekele victime d’une déchirure au mollet droit, la championne camerounaise semble clairement entrer dans un processus de changement de nationalité afin de défendre les couleurs de la France d’ici 2012. En effet, conformément au règlement de l’Iaaf, Françoise Mbango est sur le point de faire l’impasse sur trois années de compétition pour que son changement de nationalité soit effectif. Ainsi, elle ne s’est plus alignée sous les couleurs du Cameroun depuis son sacre olympique de pékin 2008. D’ailleurs, cette dernière faisait partir des sélectionnées pour Nairobi 2010, mais n’a pas fait signe aux autorités camerounaises, selon les membres de l’instance fédérale s’étant exprimés dans la presse nationale. La stratégie de la futur, ex « Lionne Indomptable » s’avère judicieuse à plus d’un titre. Elle a déjà rendue tous les honneurs possibles à son pays le Cameroun, en réussissant la prouesse d’exister au sein de la scène sportive qui n’a d’yeux que pour les lions indomptables du football. La « Gazelle » de 34 ans  a plusieurs fois fait montre de patriotisme en acceptant de défendre coûte que coûte le drapeau « vert-rouge-jaune », en dépit de l’absence de soutien dans sa préparation lors des différentes compétions (Jo Athènes 2004). A cela s’ajoute les tracasseries causées par la fédération camerounaise d’athlétisme en 2008 avant sa participation au championnat d’Afrique et aux Jo de la même année. En retour, Françoise n’a reçue qu’une reconnaissance tardive des autorités camerounaises quelques mois après son sacre à Athènes en Grèce. Son désire d’avoir un soutien continue des dirigeants pour répondre aux exigences du sport de haut niveau n’a visiblement pas été satisfait. Alors après moult refus aux «yeux doux » (depuis 2002) provenant de la fédération tricolore, l’athlète n’est plus qu’a une dizaine de mois de céder. A la bonne heure serait-on tenté de dire, avec les résultats satisfaisants de l’athlétisme français qui semble renaître de ses cendres avec 18 médailles (8 d’or, 6 d’argent et 4 de bronze) à l’issu des championnats d’Europe de Barcelone du 26 juillet au 1août dernier. Avec en ligne de mire les Jo de Londres 2012, le changement de nationalité de Françoise pourrait ainsi s’avérer un risque zéro pour la championne. En effet, décrocher une troisième médaille d’Or olympique de suite se présente comme une mission presque impossible dans le milieu de l’athlétisme et du triple Saut. En plus à 36 ans, l’athlète n’aura plus sa fraîcheur d’entant et sera plutôt proche de raccrocher. Personne n’en voudra donc à la futur « bleue », si elle échoue dans cette mission. La délégation française pour ces joutes olympiques a plutôt fière allure, de telle sorte que si la réussite est au rendez-vous comme à Barcelone, une contre performance de la française d’origine camerounaise passera incognito ! En définitive c’est Françoise qui gagne : meilleures conditions de préparation pour les Jo 2012, icône incontestée de l’athlétisme camerounais, soutient sans faille de tous ses fans conscients des réalités qu’elle vit. Happy end !

Gaëlle YOMI