«J’attends de voir ce que va faire le CNB»

 

Son début de saison avec Lyon en Ligue féminine française (Lfb) et l’actu du basket national, entretien avec Mame Marie Sy, pivot des Lionnes.

 

Propos recueillis par Gaëlle YOMI

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Mame Marie, malgré les nombreux départs, cette saison, avec Lyon vous réussissez un bon début de championnat avec 9 victoires, 3 défaites, une quatrième place, à seulement deux points du leader. Quel est l’objectif du club ?

Le but, cette année, est de maintenir l’équipe dans l’élite. Parce que nous avons eu des difficultés financières. Ce qui justifie les nombreux départs et les sanctions que nous avons subis cette saison. Seules 5 joueuses professionnelles ont été conservées dans le groupe. N’empêche, on essaie de maintenir le cap pour rester en haut de tableau.

Il y a également eu un changement d’entraîneur avec la venue de Marina Maljkovic. Comment avez-vous vécu cette transition ?

Il y a une nouvelle façon de faire par rapport à l’année dernière, où l’on disposait d’une équipe plus forte avec 10 bonnes joueuses. Malgré cela, nous avions terminé dans le Top 4. Ce nouveau coach nous demande beaucoup de choses à faire. Elle est très rigoureuse. Elle exige une présence défensive tout terrain, en dépit de la fatigue. 

Pensez-vous avoir atteint une nouvelle dimension?

C’est difficile à dire, parce que cette année, normalement, on aurait dû jouer la Coupe d’Europe (Euroligue). Là, j’aurais pu dire que j’ai passé un nouveau cap avec Lyon, en côtoyant les grosses équipes européennes. Mais avec les difficultés financière, nous n’avons pas pu réaliser cette ambition. J’espère que ce sera le cas pour les autres années.

Vous faites partie des 5 pros retenues dans l’effectif. Cela vous donne-t-il plus de responsabilités ?

Tout à fait. Là nous sommes obligés de prendre nos responsabilités. L’année dernière, avec un effectif de meilleure qualité, chacune attendait que l’autre débloque la situation. Au final, ça nous a plus porté préjudice. Cette saison, on sait qu’on doit se donner à fond sous peine de le payer cash.

«C’est toujours des promesses que les gens font»

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L’actualité du basket sénégalais est marquée par la mise en place du Comité de normalisation à la place de la fédération. Qu’en pensez-vous ?

Ça dépend de comment le comité sera géré. On peut toujours dire si j’étais président de la fédération les choses auraient changé. A présent Baba Tandian n’est plus là ; même si nous n’avons pas gagné grand-chose avec lui, il faut juste voir les choses du bon côté et trouver des solutions pour développer le basket au Sénégal. J’attends de voir ce que va faire le Cnb, parce que c’est toujours des promesses que les gens font. La fédération n’a jamais été professionnelle. J’espère que ça va changer puisqu’il y a d’anciennes basketteuses dans le Comité. Il y a toujours eu les mêmes discours. Les gens disent qu’ils veulent évoluer mais ça ne se voit pas.

Êtes-vous en contact avec Mame Diodio depuis sa blessure ?

J’essaie d’avoir de ses nouvelles régulièrement. Ça me peine de voir qu’elle galère pour sa rééducation. C’est un problème qui ne devait même pas se poser, si la fédération avait pris des assurances sérieuses ; pas celles du Sénégal où, quand tu es blessée, elles ne te remboursent même pas ton transport. On nous dit qu’on avait des assurances, mais nous n’avons jamais rien signé. Je me demande où ces assurances ont été prises ? C’est un exemple de manque de professionnalisme. Ce n’est pas normal. C’est parfois décourageant parce que tu te dis : à quoi ça sert de venir ? Si tu ne viens pas les gens vont se plaindre. Pour Diodio, la fédé devait prendre les précautions depuis le début. J’espère que sa prise en charge sera effective.

Avez-vous encore des regrets par rapport à la 3e place décrochée à l’Afrobasket ?

(Elle pousse un grand soupir) Ah oui ! (elle se répète).  Ça c’est sûr. Il y a toujours des regrets. Mais bon, que faire ? On va dire que c’est la volonté de Dieu, on accepte en essayant d’avancer.

Allez-vous à l’avenir prendre de nouvelles responsabilités ?

Ça dépend, c’est difficile à dire. Ça dépend du coach, des joueuses qui sont autour. Tout ça c’est à voir le moment venu. De toute façon quand je viens en sélection c’est pour prendre mes responsabilités, que je sois jeune ou pas. Je conseille souvent aux jeunes de fonctionner ainsi, elles doivent s’affirmer même s’il y a des cadres. C’est ce qu’à su faire Oumou Thiam.