Les comités de normalisations sont-ils la solution ?

Après le judo, le karaté, le taekwondo, la natation et le basket, c’est au tour du volley-ball d’entrer en zone de turbulences. Ces crises ont abouti pour certaines fédérations à la mise en place d’un comité de normalisation. Est-ce la meilleure alternative ? TLS pose le débat.

Gaëlle YOMI et Pape Cheick Diack

Asfa 2

Les dissensions au sein des fédérations sportives ont toujours nécessité l’intervention de la tutelle au point de déboucher dans certains cas au retrait de la délégation de pouvoir aux entités concernées. Du football en 2008 en passant par le judo en 1998, la mise en place des comités de normalisation a été nécessaire pour relancer la machine. Pour sa première année de magistère, Mbagnick Ndiaye n’a pas hésité à utiliser cette arme fatale à deux reprises. Premièrement envers le judo en décembre 2012, soit deux mois après son installation au ministère des Sports. Ensuite ce fut au tour du basket le 21 novembre dernier de voir l’épée de Damoclès passer au dessus de sa tête, après 53 ans de règne fédéral. Les désaccords qui sévissent actuellement au sein de la fédération de volley-ball pourraient voir l’application de la même sentence. L’équipe dirigée par le professeur Mamadou Ndoye va vers un boycott de ses compétitions par la ligue de Dakar, dirigée par Issa Touré. L’Assemblée générale d’informations de samedi dernier s’est tenue sans trois ligues majeures (Dakar avec 13 clubs, Saint-Louis, 2 clubs et Ziguinchor, 2 clubs).

Au cours de l’année, du côté de la natation l’entité composée des nageurs authentiques a réclamé la mise en place d’un comité de normalisation. La mise en place de ces structures d’exceptions sont-elles la solution pour la progression du sport sénégalais ? Les spécialistes se prononcent.

 Les spécialistes

Santi Agne, Sg CNOSS : «ça dépend… »

«Le comité de normalisation est à ma connaissance une toute nouvelle hiérarchie dans nos structures sportives. C’est quelque chose d’assez nouveau pour en faire le bilan maintenant. Si on prend le cas du football le comité de normalisation a bien aidé à remettre la discipline sur les rails en accord avec la Fifa. De là à dire que la mise en place des comités de normalisations est la solution ? Il y a un pas que je ne franchirai pas. En effet, ce qui est vrai pour une discipline donnée ne l’est pas forcément pour une autre. Ce qui est fait dans un temps donné peut ne pas fonctionner à un autre instant. Tout dépend donc de chaque réalité».

Me Kalidou Gatta, coach équipe nationale junior de judo : « Une bonne alternative»

«S’il y a des problèmes, la meilleure des choses est de réunir les acteurs autour d’une table pour échanger. Seul un comité de normalisation peut essayer de faire adhérer tout le monde sans partie pris. C’est vrai que dans la gestion il y’ a des hauts et des bas aussi bien pour un comité que pour une fédération. Pour le cas du judo, chaque entité a eu à organiser les compétitions mais toutes les deux ont fait face aux difficultés financières. En fait rien ne change vraiment à part la dénomination. Le comité aussi bien que la fédération doit chercher les ressources additionnelles pour exister car le ministère ne donne pas les millions au Comité pour la relance». 

Gérard Sambou, Vice-président démissionnaire de la Fsvb : «ce n’est pas la solution»

«Pour le volley, un Comité de normalisation n’est pas la solution. La manière dont est mise en place,  le comité n’est pas démocratique. C’est le ministre qui choisit des hommes pour les mettre à la tête. Une Assemblée générale organisée dans les règles de l’art, où ce sont les entités, les clubs qui décident est à mon avis mieux indiquée. En plus, le volley-ball n’en est pas encore à un stade aussi critique pour penser à la mise en place d’un comité de normalisation»