«Si rien ne change, je ne combattrai plus pour le Sénégal»

 

Monté au créneau en septembre 2012 pour fustiger la gestion de la fédération par le président Mamadou Sarr, le karatéka Abdoulaye Diop attend des changements de l’Assemblée générale du 10 mars prochain. Et menace.    

 

ABLAYE (3)

Gaëlle YOMI

 

Quatre mois après les tumultes de septembre dernier, la famille du Karaté sénégalais va prendre un nouveau départ le 10 mars prochain lors de son Assemblée Générale. Avant cette accalmie trouvée par le Cnoss, le combattant Abdoulaye Diop avait été l’un des premiers à tirer sur le président sortant, Mamadou Sarr. De passage à Dakar cette semaine, le karatéka et international sénégalais, basé en France, n’a pas hésité à se prononcer sur l’évolution de la situation fédérale. Pour le champion du monde Junior (2003), les choses ont un peu évolué même s’il regrette le fait que le tiers sortant soit en lice pour la course à la présidence. «Si le tiers sortant est retenu tant mieux, dit-il sur un ton de dépit. Je n’ai pas de problème particulier avec le président Mamadou Sarr. Mais, il faut que les membres du Comité directeur et les présidents des clubs prennent leur responsabilité».

Estimant que pour le moment les échanges entre les deux camps (Mamadou Sarr et Yatma Lô, Ndlr) ne sont pas allés en profondeur, Abdoulaye Diop de prévenir que si le système de gestion ne change pas, il ne s’alignera plus en sélection. «Je combattais contre un système et non contre le président sortant. J’espère vraiment que lors de l’Ag, les choses vont changer. Que l’équipe sera renouvelée. Personnellement, je ne soutiens personne mais si les choses ne changent pas je ne suis pas prêt à combattre pour le Sénégal avec des dirigeants qui ne sont pas à la hauteur. Je fais partie des meilleurs de ma génération et je dois signaler ce qui ne va pas».

Le natif de Guédiawaye désire ardemment que l’intérêt du karaté soit la préoccupation de la prochaine équipe  dirigeante. Notre interlocuteur de déplorer le fait qu’en ce moment, «on dirait que le Karaté est mort». L’Ag s’apparente plus pour lui à une sortie du coma qui sera suivi d’un passage à vide sur le plan sportif. «Le désordre doit vraiment prendre fin. On dirait que Mamadou Sarr n’a pas tiré les leçons de ses deux ans de gestion. Il s’accroche et je ne se sais trop pourquoi. Il nous faudra attendre encore, peut être un an, pour voir le karaté sénégalais briller. Les résultats n’ont pas été au rendez-vous de 2010 à 2012. On ne doit pas se voiler les yeux».