«Si ça ne s’améliore pas après les mondiaux 2013, j’arrête !»        

 

A cinq mois des championnats du monde de Moscou,  la championne d’Afrique du lancer du marteau, Amy Sène, espère une meilleure prise en charge du Sénégal sous peine de raccrocher juste après.

Amy Sène athlétisme

 

 

Gaëlle YOMI

«L’homme n’est rien sans son bord». Cette assertion camerounaise se vérifie avec les athlètes pour qui les entraîneurs font office de boussole. En 2012, lors des Jeux Olympiques de Londres, plusieurs sportifs africains s’étaient plaints de l’absence de leurs coaches dans les délégations officielles. La double championne d’Afrique du lancer du marteau, Amy Sène, n’était pas en reste. La Sénégalaise a même pris sur elle de faire venir son entraîneur, aux JO de Londres 2012, Aymeric Lesbleiz. Ce dernier a «dû utiliser l’accréditation du coach d’un autre pays pour accéder au stade», confie Amy Sène. Pour l’année 2013, durant laquelle Moscou abritera les championnats du monde (10 au 18 août), la lanceuse sénégalaise n’est pas à l’abri de pareille mésaventure. Déjà, elle révèle ne plus  avoir « d’entraîneur. Pour le moment, je m’entraîne toute seule. Je n’ai pas les moyens. Il m’envoie quand même quelques plans d’entraînements».

Face à cette situation, la meilleure lanceuse du continent depuis 2010 se demande parfois si «ça vaut le coup de continuer» ? Et la recordwoman d’Afrique (69,10m) de se fixer les mondiaux comme deadline afin de voir les choses changer dans la prise en charge des athlètes sénégalais.  «Honnêtement, si ca ne s’améliore pas après les mondiaux 2013,j’arrête ! Sortir trop d’agent pour ne rien avoir en retour, ça ne le fait pas. J’ai envie aussi de m’épanouir socialement car là, c’est beaucoup pour le sport et pas d’argent».

La native de Lorient (France), qui défend les couleurs du Sénégal depuis 2010, envisage néanmoins de s’investir dans la promotion du lancer. Amy Sène estime que c’est le manque d’infrastructures qui freine l’éclosion de sa discipline au Sénégal. «Pourtant, dit-elle, il doit avoir de beaux potentiels vu le gabarit de certains Sénégalais».

Bilan Jo

Si Amy Sène est prompt à réclamer une meilleure prise en charge de l’Etat, elle s’étonne également du silence des autorités au lendemain des Jo. « Nous sommes revenus bredouilles, explique-t-elle. J’ai trouvé dommage que personne ne nous demande pourquoi ça n’a pas marché.  Oui on nous a donné l’argent mais on ne nous a pas demandé des comptes après. Nous nous étions même préparés à cela.  On avait tout écrit dans un document.» Alors, qu’est-ce qui n’a pas marché ?«Nous nous sommes préparés pour les JO sans aide financière puis l’argent est arrivé durant les JO. C’était une belle prime mais elle ne servait plus à la préparation des jeux. Ça, c’était une des plus graves fautes. C’était à nous de gérer l’achat des billets d’avion pour aller à Londres. Nous n’avons pas à gérer ça. Au final, on n’est pas dans la compétition», dénonce Amy Sène. Un athlète au bord du découragement.