«Je suis prête à raccrocher demain…»

Le pivot de la Tanière, Mame Marie Sy Diop, se dévoile dans cet entretien en toute franchise. Un partage qui relate l’histoire d’une basketteuse malgré elle, pas du tout passionnée de la balle orange, et qui pense déjà à raccrocher. Mais avant, la pensionnaire de Lyon souhaite reconquérir l’Afrique avec les Lionnes.  Ses fans apprécieront.

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Recueillis par Gaëlle YOMI

 

Mame Marie après 17 journées avec votre club (Lyon)  vous  vous êtes hissée provisoirement à la 2e place du classement de la ligue française de basket. N’est-ce pas un excellent début de saison si l’on sait que vous avez assuré le maintien de justesse la saison dernière ?

C’est super car cela faisait partie de nos objectifs. Bougres (3e) et Perpignan (4e) n’ont pas encore livré leur match en retard donc pour le moment nous sommes deuxièmes. C’est très bien car pour la fin de la saison, le but est d’être dans le top 4.

Vous avez une moyenne de 15 minutes de jeu et contrairement à la saison dernière, vous faites rarement partie du 5 majeur de l’équipe. Comment vivez-vous cela ?

 

Parfois, je suis dans le 5 majeur mais, ça dépend du coach parce qu’on a une équipe assez complète, il fait tourner. Il essaie de faire jouer tout le monde. Avec près de dix très bonnes joueuses dans l’équipe, forcément les temps de jeu seront réduits. L’essentiel, c’est qu’on gagne. Je ne vis pas mal cette situation.

 

Votre blessure à l’épaule en fin de saison dernière vous a-t-elle coûtée votre titularisation cette saison ?

 

Non pas du tout car après ma blessure, je suis bien revenue. C’est juste un choix du coach. L’important, c’est de contribuer aux résultats du club.

Vous préférez évoluer à quel poste, ailière ou pivot ?

 

Normalement, je suis 4 (pivot), ce poste me convient le mieux. Après, je joue à l’intérieur comme une ailière c’est pour cela que les gens pensent que je peux jouer à l’aile. Pourquoi pas, mais je suis 4.

 

 

               «J’ai 28 ans et je commence à me sentir lourde»

 

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Lyon est votre 3e club  en 5 saisons dans l’élite française. Envisagez-vous de découvrir d’autres championnats ?

Oui, j’aimerai bien aller en Espagne. Chaque année, depuis 2 ans, j’essaie de le faire. Après il faut tenir compte de la crise, et financièrement je me retrouve mieux en France qu’en Espagne.  C’est pour cette raison que je suis toujours en France. Dès que j’aurai une possibilité, même en gagnant moins, j’irai en Espagne pour jouer avant d’arrêter. Là, j’ai bientôt 28 ans et je commence à me sentir un peu lourde.

 

Vous pensez que le championnat espagnol est plus relevé ?

 

En fait, ce n’est pas pareil qu’en France. C’est un autre jeu, plus rapide peut-être qui me correspond le mieux. C’est aussi pour apprendre la langue. J’aimerai parler l’Espagnol et découvrir autre chose. Ça fait longtemps que je suis en France et là j’ai besoin d’un peu de changement.

 

Quels sont les clubs qui vous ont sollicitée lors de vos deux tentatives en direction de l’Espagne ?

 

Il y avait Salamanca, je ne me souviens plus du nom du deuxième club mais mon agent était en négociation avec des clubs de première division. Il y avait aussi la formation  du Ramla d’Israël.

 

Quels sont les obstacles que vous avez-rencontrés durant votre carrière ?

 

A part les blessures, c’est surtout mon épaule qui m’a causée le plus de problèmes. Sinon, jusqu’à présent je n’ai pas eu de soucis.  Tout s’est toujours bien déroulé dans les différents clubs où je suis passée.

 

                                   «Je préférai le hand au basket»

 

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Quel rôle a joué votre sœur aînée, Anta Sy, dans votre parcours ?

 

Si je suis là aujourd’hui, c’est presque grâce à elle parce qu’il y a un moment où j’ai voulu tout arrêter. C’est elle qui m’a forcée à poursuivre mes études et le basket. Ensuite, moins d’un an après cet épisode, j’ai eu la possibilité de venir en France. A présent, je suis ravie de la tournure des évènements et comme elle s’y connait très bien (le basket), elle nous conseille beaucoup avec ma petite sœur, Lika. Même si elle n’a pas eu à jouer en Europe, elle joue toujours au basket (au Dakar Université Club, Ndlr). Elle est même plus passionnée que moi.

 

Pourquoi vouliez-vous tout arrêter à un moment ?

 

Je devais avoir entre 13 ans et 14 ans à l’époque et au début je ne voulais pas   pratiquer le basket. Je voulais faire du handball. Quand j’ai commencé à me déboîter l’épaule, je me suis retournée vers le basket et je n’y allais même pas tout le temps. Je préférai le hand au basket, j’y étais plus à l’aise même si j’ai seulement pu jouer pendant un an avec l’équipe du Cem David Diop (à Liberté 6, Ndlr).

 

Qui furent donc vos modèles dans le basket ?

 

Je ne suis pas très passionnée de basket donc… (elle réfléchit).  Je n’ai même pas de sportif préféré même si j’aime bien regarder un peu de tout.  Le tennis avec Fédérer, Nadal, Usain Bolt en athlétisme. Les anciennes basketteuses sénégalaises, je les apprécie bien, Mame Maty Mbengue, Mame Marie Dior, Mbourika Fall, etc.

 

 

         «Après ma retraite, je ne veux pas rester dans le monde du sport»

 

 

L’Afrobasket est le grand rendez-vous de la saison 2013. Comment l’appréhendez-vous ?

 

Comme chaque année, j’attends de voir. J’ai déjà eu le coach une fois au téléphone. On va voir.

 

Après la deuxième place à Bamako, pensez-vous que le Sénégal a le potentiel pour revenir au sommet ?

 

Oui nous avons le potentiel. C’est pour cela que nous allons jusqu’en finale à chaque fois. Après, ce sont des détails qui nous font perdre. On a perdu à Bamako (en 2011), il faut être fair play et avancer.  Pour récupérer la Coupe, il faudra se donner à fond et ne pas commettre trop d’erreurs. Mais, ce n’est pas facile à faire. Ça pèse sur tout le monde, les joueuses, le staff, le public aussi. Donc forcément, il faut qu’on soit prêt.

 

Les jeux de la Francophonie qui se tiendront quelques semaines avant l’Afrobasket peuvent-il servir de tremplin ?

 

Pourquoi pas ? En 2009, lorsque nous avions gagné à Madagascar, nous étions au Liban avant. Après, ça dépend, il faut éviter d’être blessé. On ne sait jamais. C’est un peu à double tranchant, ça peut aussi procurer de la fatigue, mais si c’est bien géré ça ne peut qu’être bénéfique pour nous avec des confrontations contre des bonnes équipes.

 

Vous parliez d’arrêtez votre carrière. Vous envisagez cela dans combien de temps ?

 

Je ne sais pas encore mais si j’ai la possibilité de le faire demain, je le fais.  J’y pense, j’ai 28 ans et à partir de 30 ans il y a une vie de famille qui nous attend. Ça c’est autre chose et je n’ai pas envie de finir dans le basket. Après ma retraite sportive, je veux faire quelque chose qui n’a rien à voir avec le monde du sport. Tant qu’on n’expérimente pas des expériences extra sportives, on ne peut pas savoir. J’ai toujours connu le basket.

 

 

Fiche

Nom : Mame Marie Sy Diop

Date : Née le 25 mars 1985 à  Dakar

Taille : 1m84

Poste : 4 (pivot)

A Lyon BF depuis 2011

Vice-championne d'Afrique en 2011

Vainqueur du Challenge Round 2011

Vainqueur du Challenge Round 2010

Championne d'Afrique en 2009

Championne de France NF1 en 2007

Championne de France NF1 en 2006

Vainqueur de la Coupe de France cadettes en 2003 - MVP du tournoi

Vainqueur de la Coupe de France cadettes en 2002

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