Samedi 12 janvier 2013, la journée multisports organisée en faveur des athlètes déficients intellectuels a permis de dénicher des champions  au stade Léopold Sédar Senghor.

Gaëlle YOMI

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Débordant d’énergie, tel Balla Gaye 2, le petit Modou Fall ne passe pas inaperçu, au milieu des enfants déficients intellectuels, sur la pelouse du stade Léopold Senghor. Le môme Modou Fall, 8 ans, trisomique, se montre à son aise à l’occasion de la journée multisports, organisée par l’association Special Olympics Sénégal. En action à l’atelier «youth athlète», Modou s’excite dès que se présente une caméra. Prêt à faire tout seul sa présentation. Pas besoin de lui poser des questions. Il a beau souffrir de trisomie 21, Modou réclame le respect de son droit à l’image. Avant de se laisser prendre en photo, il exige d’abord de tester l’appareil. Ce bout de bois de Dieu est un passionné d’athlétisme et de foot. La lutte ne l’intéresse guère malgré la popularité de son homonyme, Modou Lô.

Un détour sur la piste d’athlétisme permet au public d’apprécier le talent de Laciné Camara, spécialiste du 80 et 100m. D’ailleurs, le directeur technique de la compétition ne tarit pas d’éloges à son endroit. «C’est un de nos espoirs de médailles sur le plan international. Il est également performant en Longueur. Il est le champion 2011 du Sénégal spécial Olympique en 100m. Toutefois, il n’est pas régulier à l’entraînement», renseigne Lamine Faty. A 21 ans, Laciné fait partie des déficients légers et samedi dernier, il a décroché deux médailles. Dont une en or sur 100m avec un chrono de 10’’70 soit près de deux minutes de moins que le précédent record (12 ‘’05). Excusez du peu !

Fidéliser Jordan

Du côté du terrain de basket, le spectacle est assuré par Jordan. Le contact facile, loin d’être un poids plume, Jordan Carlos est très à la mode.  Avec sa crête sur la tête, il donne du fil à retordre au coach, Martial Wassu. Le technicien du club de Ville de Dakar, en première division, reconnait beaucoup apprendre auprès de ces enfants déficients intellectuels. «Avec eux en plus d’une connaissance du basket, il me faut une connaissance de l’individu. C’est une pédagogie appropriée qui exige de la patience. Cette patience m’aide énormément dès que j’entraîne les clubs du championnat.» Responsable de la session basket de Special Olympic depuis 3 ans, Wassu a pour mission de monter une équipe nationale du Sénégal pour déficients intellectuels. Le principal obstacle serait la «fidélisation des athlètes comme Jordan. Ils touchent un peu de tout mais j’ai bon espoir. J’ai déjà une douzaine de basketteurs. L’objectif est de mettre en place un sport unifié. Avec des confrontations entre des clubs de basket et des équipes des centres d’enfants déficients intellectuels».

La journée multisports dédiée aux enfants déficients intellectuels a permis aux athlètes de montrer ce qu’ils apprennent tous les week-ends aux entraînements. En effet, des pôles d’entraînements ont lieu tous les dimanches au stade Léopold Senghor, Ibar Mar Diop, au camp militaire de Yeumbeul, à l’école Unité 8 des Parcelles Assainies de 9h à 11h. Les régions ne sont  pas en reste avec Saint-Louis et Mbour. «Nous demandons juste aux parents de venir avec leurs enfants, lance Rajah Sy, présidente de Special Olympics Sénégal. Nous avons les solutions pour leurs enfants.»