De passage au Sénégal, pour les fêtes de fin d’année et pour se recueillir sur la tombe de sa grand-mère décédée au mois de septembre 2012, l’international Jules Richards Aw a accepté de se confier à TLS. Perdu de vue depuis le mondial 2006 avec les Lions, l’ailier de l’Union Neuchâtel en Suisse donne les raisons de cette absence et parle de son avenir en sélection.      

Recueillis par Gaëlle YOMI

jules Aw

 

 

 

Depuis votre dernière apparition en 2006, sous les couleurs du Sénégal, lors des championnats du monde, on n’entend plus parler de vous. Que devenez-vous ?

Après deux saisons passées aux Lions de Genève (Suisse), je suis depuis août 2012 à l’Union Neuchâtel. Douze journées de championnat ont été disputées, soit 9 matches en phase aller et 3 en phase retour. Nous sommes 6ème sur 10 équipes. Avec les Lions de Genève, nous avions perdu en finale la saison dernière. Pour le reste, je n’ai pas rempoté de trophée.

Vous perdez en finale avec les Lions de Genève et vous préférez aller chez un promu cette saison. Pourquoi ?

(Rires) C’est un nouveau challenge. Le but est de faire de l’Union Neuchâtel, une équipe d’élite. Qu’elle soit dans les  3 premières en Suisse. Je n’ai eu aucun problème pendant mon transfert. D’ailleurs, avant d’arriver ici à Dakar, j’ai passé la nuit chez un dirigeant de mon ancien club.

Comment jugez-vous votre rendement en ce début de saison ?

En fait, je ne joue pas pivot, je suis ailier fort. Mais là, le club avait besoin de moi comme pivot. C’est pour ça que j’évolue à ce poste. Je suis polyvalent. Personnellement, je suis satisfait de mon rendement.

Pourquoi cette longue absence en équipe nationale à seulement 26 ans ?

J’ai eu des problèmes physiques avec une blessure au genou lors de ma première saison en Suisse fin 2006, début 2007. J’ai passé une longue période sans jouer à cause de cette blessure, il fallait que je prenne le temps de bien me soigner, d’être bien dans ma tête et aussi physiquement. Je m’étais blessé juste après les championnats du monde de 2006. Les médecins parlaient de petites blessures mais cela a pris beaucoup de temps pour guérir. C’était une arthroscopie. Il a fallu plus de 6mois de traitement.  Tout le reste de la saison, je n’avais pas pu jouer. L’année suivante, je suis allé en Arabie Saoudite (Al Ansar). Là-bas, j’ai remporté le championnat.

Comment avez-vous vécu ces 6 mois d’indisponibilité ?

Il m’a fallu beaucoup de patience pour laisser mon corps se reposer. Une fois rétabli, aller doucement avec les entraînements. Mes journées se résumaient le matin à aller à la salle de sport pour faire du vélo, de la cardio et de la musculation. Ensuite, j’allais voir mes coéquipiers sur le terrain.

Entre 2007 et 2012, il y a eu plusieurs compétitions en équipe nationale. Pourquoi n’avez-vous pas été sélectionné ?

Si je ne me trompe, lors du dernier Afrobasket 2011, on m’a contacté mais j’ai entendu qu’il y avait des problèmes de visa avec l’ambassade de France. Ça m’a refroidi.

 

          «En six ans, je n’ai reçu qu’un seul mail du Dtn»

 

aw

Est-ce que vous pensez à un retour en équipe nationale ?

Oui, oui (catégorique).  Cela me ferait vraiment plaisir de défendre les couleurs de mon pays.

Avez-vous gardé des contacts avec les dirigeants du basket sénégalais ?

Pour dire vrai, je n’ai aucun contact avec les dirigeants. En six ans, je n’ai reçu qu’un seul mail, vers 2010, de l’ancien Directeur technique national (Dtn), Ousseynou Ndiaga Diop. Il y a également le nouveau sélectionneur, Cheikh Sarr, qui m’avait approché en 2011 pour un camp. En 2012, pour le tournoi de la zone 2, je n’ai pas eu de contact.

Êtes-vous en contact avec d’autres internationaux sénégalais ?

Parfois. Je suis plus en rapport avec Mara Pène et Malick Badiane. Sinon, les autres, on communique sur internet. En sélection, en 2005-2006, nous étions une bande de trois natifs de Thiès : Mara Pène, Malick Badiane et moi.

Avez-vous  suivi les prestations du Sénégal aux différents Afrobasket depuis 2006 ?

Oui. Souvent, j’étais même en vacances au Sénégal. En 2007, je n’étais pas retenu. Je ne l’ai pas mal pris car j’ai supposé qu’il y avait des joueurs meilleurs que moi qui ont été retenus.

 

                  «C’était mon destin de jouer en Suisse»

 

En dehors d’un passage en Arabie Saoudite vous êtes restez attaché au championnat Suisse. Pourquoi ?

Je me sens bien dans ce pays et j’ai de bonnes relations partout où j’ai joué. Je suis très bien intégré et le niveau du championnat n’est pas mal. Avant d’aller jouer en Suisse, je pensais que ce n’était pas un bon championnat mais je vois que je me suis trompé car il est bien.

Avez-vous été tenté par le championnat français voire américain ?

Après les championnats du monde en 2006, j’ai eu des propositions pour la France en Pro A, Pro B mais comme j’avais déjà signé un contrat en Suisse, je ne pouvais pas me désister. Il y avait un ancien joueur de Nba, Mamadou Ndiaye (Il a joué à Toronto, Dallas, Atlanta et aux Los Angeles Clippers, Ndlr) qui m’avait mis en rapport avec un agent. Il m’avait parlé de certaines équipes en France sans préciser des noms.

Regrettez-vous d’avoir manqué cette opportunité ?

Non. Je me dis que c’était mon destin d’aller jouer en Suisse.

Pourtant après les mondiaux vous étiez annoncé comme un grand espoir du basket sénégalais. Êtes-vous satisfait du déroulement de votre carrière jusqu’à présent ?

La seule chose qui m’a vraiment déçu jusqu’ici, c’est l’Afrobasket 2005. On avait vraiment la chance de remporter ce trophée et puis on ne l’a pas fait. On était en finale contre l’Angola et nous n’avions pas cru qu’on pouvait vraiment gagner. Nous nous sommes rendus compte de cela trop tard.

Que vous manque-t-il pour passer un cap ?

Je dirai juste plus d’entraînements mais surtout travailler avec des coachs plus forts, participer à des camps de baskets durant l’été.

 

 

Encadré : Fiche

Nom : Jules Richards Aw

Date de naissance : 25/12/ 1986 

Taille : 2m 02

Poste : ailier-fort

2012-2013 : Union Neuchâtel

2011-2012 : Lions de Genève 

2009-2010 : Monthey

2007-2008 : BBC Nyon

2006-2007 : Al Ansar Arabie Saoudite