Jeune et ambitieux, le champion d’Afrique de Viet vo dao, Dany Ndecky, aime les coups doubles. Il a calé ses ambitions sur la réussite de ses études et de son sport.

Gaëlle YOMI

Dany

L’histoire retiendra qu’il fait partie des plus jeunes champions d’Afrique de Viet Vo Dao. A seulement 20 ans, Dany Rufin Ndecky est un crack. En terre algérienne en mi-décembre, il a décroché la médaille d’or en kata supérieur. Pour réaliser cette prouesse, l’enfant de Saint-Louis a dû bénéficier d’une autorisation de son proviseur. Inscrit en classe de terminal S2 au lycée Charles de Gaulle de Saint-Louis,  Dany attrape à 14 ans le virus de cette discipline qui à pour but «la formation de l'homme vrai». Quoi de mieux pour cet adolescent exclusivement épris d’études ! Son papa, gendarme et karatéka, a poussé un ouf de soulagement lorsque le fiston lui avait  confié avoir trouvé sa voie dans un art martial. Désormais, Dany se présente comme un «discipline», expression consacrée aux élèves de Viet Vo Dao.  «C’est grâce à un grand, Pierre Corneille Sambou, que j’ai connu Me Aly qui m’a tout enseigné. Je suis un disciple polyvalent.  Je fais les katas, les combats, les ciseaux et toutes les spécialités du Viet Vo dao. Au sabre, j’ai terminé devant un Algérien», dit-il, d’une voix inoffensive.  

Depuis 2005, le bout d’homme d’1m62 pour 63 kg allie ses deux passions : le sport et les études. Et ce, au prix de quelques sacrifices. Si lors des championnats d’Afrique, les cours ont été laissés en rade, en 2011, il met entre parenthèse son passage au grade 1 dan car « étant en examen». Même si le sport le ramène toujours aux études, Dany compte exceller sur les deux tableaux. «Etant en classe d’examen et en série scientifique, on s’entraîne plus le week-end et chaque soir aussi (19h30-21h30), au lycée technique de Peytavin de Saint-Louis. Je veux davantage prouver sur le plan international, mettre en pratique ce que mes maîtres m’ont enseigné. Je veux devenir un grand maître  et aider la discipline. Cela ne m’empêchera pas d’être soit médecin ou de me spécialiser dans l’agronomie voire l’aéronautique».

Troisième née d’une famille de six enfants, ce «fou» de Jet Li, l’acteur hong-kongais, est convaincu de  pouvoir devenir champion du monde avec l’aide de ses maîtres. Le directeur technique adjoint de l’association Viet Vo Dao Intercontinental du Sénégal (Avis), n’en pense pas moins.  Mamadou Diop loue le sens de la discipline de son poulain qui selon lui peut faire la différence en travaillant sa précision. «C’est un garçon technique et discipliné. C’est très important dans les arts martiaux. Pour exceller dans le domaine, il faut qu’il soit plus précis. Il a la vitesse et la souplesse s’il y ajoute la justesse, il sera excellent. Je vois en lui un futur champion du monde».

Le benjamin des six disciples ayant pris part aux championnats d’Afrique est défini comme calme et respectueux des aînés.  Mélomane à souhait, il raffole de la musique sud-africaine en particulier celle de Brenda Fassie.  S’il lui arrive de jouer de la guitare, il injecte plus ses économies dans la confection d’armes de combats. «J’ai en ma possession un  nunchaku que j’aime beaucoup (il esquisse un large sourire), un sabre, le bâton court et long.  Ce ne sont pas des originaux, je passe les commandes auprès des menuisiers qui me demandent parfois 5000 F CFA par objet. Nous manquons de matériel pour l’entraînement», se désole-t-il. A l’image des autres champions d’arts martiaux,  Dany Rufin Ndecky demande plus de considération pour les pratiquants. «Je pense qu’il nous faut des autorités qui ont côtoyé le milieu. Ainsi, ils pourront nous aider et ne pas s’occuper seulement du foot et du  basket.»

Palmarès

2007 : Vice-champion du Sénégal

2008 : Champion du Sénégal et champion régional

2010 : Admis au passage de grade ceinture noire, champion du Sénégal

2012 : champion d’Afrique et champion du Sénégal