Les Journalistes savent aussi sauter!


Base intérieure de l'Ascc Bopp, Coumba Traoré est l'une de ces perles rares qui produisent du plaisir en se faisant plaisir. Aujourd'hui cadre de la formation féminine des "verts", ce petit bout de femme est aussi journaliste.

 

Coum

Reconnaissable sur les parquets par sa petite taille et ses cheveux au vent, le pivot de l'Ascc Bopp, Coumba Traoré n'est pas étrangère aux bons résultats enregistrés par les verts en cette saison 2010. Evoluant sous les couleurs «boppoises» depuis 2006, celle qui fait désormais partie des cadres de l'équipe, débute sa carrière au Sibac. Ayant tronqué son look habituel, pour des tresses «life», Coumba Traoré se souvient avec nostalgie de l'instant où elle a fait le choix du basket. «Lorsque j' étais au collège, mon professeur d'éducation physique, Demba Sarr, m' a détecté dans l'équipe scolaire du Cem David Diop. Il en a fait part à mon père qui, m'a inscrit au Sibac en 1993. J'y est fait toutes les classes», confie t-elle avec une étincelle qui brille derrière ses lunettes.

 

Issue d'une famille de sportifs, elle ne se sent point complexée par son mètre 79 pour 79 kg. Sa motivation et son abnégation suffisent à lui faire prendre le dessus sur ses adversaires. Cette détermination, conjuguée aux efforts de ses jeunes coéquipières ont permis à l'Ascc Bopp de terminer meilleure équipe en attaque et en défense en phase aller des play-offs. «C'est mon sens du timing dans le jeu qui fait la différence. Face aux filles qui font 2m je parviens toujours à marqué mes paniers. Il n y a aucun pivot au Sénégal qui peut m'empêcher de jouer. Il faut avoir du courage et de l'intelligence dans le jeu» martèle t-elle. La conviction dégagée dans ses propos, colle bien au surnom de «maman Coumba», que lui ont attribué ses partenaires .

 

 

 

Le pivot aux 3 masters

 

La notion «sport – études», est bien maitrisée par Coumba Traoré. La protégée du coach Matar Bâ avait d'ailleurs décliné sa présélection en équipe nationale en vu du mondial 2010, faute de temps pour allier école- boulot- entrainements. Coumba prépare un master 2 en marketing et commerce internationale. Ce dernier viendra s'ajoute aux deux précédents masters en marketing - management et en marketing et communication qu'elle a déjà dans ses bagages. Ainsi, sa pratique du basket-ball n'est que pur plaisir. «Je n'ai pas assez de temps pour mener mes différentes activités. Je vais en cours et je suis rédactrice au journal Kérima news. Je viens aux entrainements à 18h. Il aurait été difficile pour moi de m'entrainer avec les lionnes surtout que je n'ai pas d'ambition professionnelle. J'aime mon pays et je souhaite le meilleur à l'équipe nationale», déclare t-elle.

 

Après son baccalauréat obtenu en 2001 au lycée Kennedy, elle passe 2 ans au département de lettre moderne option anglais à l'université Cheikh Anta Diop. Son amour pour la balle orange lui offrira ensuite le reste de sa formation. En effet, Coumba Traoré bénéficie d'une bourse d'excellence sportive en basket de 5 ans (depuis 2005) et une autre de 3 ans, offertes par deux écoles supérieures privées de la place.

 

 

 

Boppoise à vie

 

Ayant du talent à revendre, la basketteuse âgée de 29 ans n'envisage guère de quitter l'Ascc Bopp. Sollicitée par divers clubs en début de saison «maman Coumba» préfère continuer à bercer ses jeunes soeurs. «Je n'aime pas trop les changements. Plus tu changes de clubs, moins on te fais confiance, je pense que je terminerais ma carrière ici. Je suis bien à Bopp» dit-elle.

 

Ambition qui convient bien à l'entraîneur Matar qui voit en Coumba Traoré les 35% de son effectif. «Malgré sa petite taille, son poids et sa technique lui permettent d'être impeccable à l'intérieur. Elle apporte beaucoup à l'équipe à défaut de 40%, elle est au moins 30% de l'effectif. Elle nous a fait gagné plusieurs match en assurant à l'intérieur. C'est sur le plan extérieur qu'on ne peut pas l'employer. Mais c'est une fille qui à un bon mental et un bon physique», explique le technicien. Pour lui, elle a une carrière prometteuse et fait partie des meilleurs pivots du Sénégal. Tout simplement.

 

Vainqueur de la Coupe arc en ciel en 2009, Coumba souhaite que la petite catégorie soit prise en considération afin que la basket sénégalais retrouve son lustre d'antan.

Gaëlle YOMI